Mon périple m’aura mené en Inde, pendant 3 semaines ½ ; Au Népal, pendant 3 semaines ; En Thaïlande, une première fois, pendant 1 mois et 1 semaine (au-delà des 30 jours autorisés du fait du blocage de l’aéroport international de Bangkok) ; Au Japon, pendant 3 semaines ; En Thaïlande une seconde fois, pendant 3 semaines ; Au Vietnam, pendant 10 jours ; En Nouvelle Zélande, pendant 2 mois ; Puis ce fut le passage en Amérique du sud avec 1 mois environ passé en Argentine, entrecoupé de quelques jours au Chili ; puis la Bolivie et le Pérou, pendant 1 mois ; et finalement, le Brésil, pendant 1 mois et une semaine.
Que de chemins parcourus depuis le 22 septembre 2008, date de mon départ !
J’ai l’impression que c’était hier. Le temps passe vite lorsqu’on voyage. Surtout si les déplacements sont réguliers. Ils l’ont été.
Finalement, ce n’est pas si difficile de partir « autour du monde ». Internet, entre autres, a beaucoup changé la façon de voyager, et surtout, a facilité la communication entre le voyageur et ses proches.
De plus, je n’ai jamais vraiment été physiquement seul. D’abord parti avec Joëlle, Cécile et David, la rencontre d’autres voyageurs au Népal, en Thaïlande, au Vietnam, en Amérique du sud et l’arrivée d’Isabelle en Nouvelle Zélande pour le reste du voyage, auront rythmé ces 9 mois et quelques jours.
Alors ? Que retiens-je de cette expérience ?
Difficile de répondre à cette question. C’est assurément trop tôt.
Il est indéniable que découvrir d’autres pays et d’autres cultures ouvre les yeux. Sur ce que l’on est en tant qu’individu. Sur ce qui est critiquable quant à notre façon de vivre. Sur ce que les autres peuvent nous envier. Sur ce que l’on peut apprécier chez les autres. Mais au-delà de la découverte, je pense que c’est la façon de voyager et donc de découvrir qui catalyse la prise de conscience.
Un voyage de 9 mois n’a rien à voir avec 9 voyages d’un mois.
Partir 9 mois (ou plus), c’est être et ne plus avoir. En tout cas, lorsqu’on dispose d’un budget serré.
Et finalement, avoir n’est plus LE BUT ULTIME. Ce qui compte, au final, est de conserver son sac à dos avec son minimum d’affaires et sa Nintendo DS (hein que c’est vrai mon David ?). De toutes façons, tu as beau être tenté, car après tout, la tentation est un luxe auquel nous sommes formatés dés notre plus jeune âge, ta capacité de transport te limite sérieusement.
Vivre avec 5 caleçons, 5 t-shirts, 2 pantalons et 1 sweat devient vivable, et même agréable. La satisfaction ressentie grâce au fait de se contenter du minimum est grande. Le contentement. Un concept qui nous a échappé depuis bien longtemps. Savoir se contenter de peu. Un voyage longue durée t’y contraint. Et ça te remet les idées en place.
Et comme tu n’as pas, tu es. Je sais, c’est hautement philosophique ce que je dis là, mais je me comprends. Lorsque tu sors dans la rue avec un t-shirt sale et un pantalon qui ne l’est pas moins, on ne te regarde plus pour ce que tu portes, mais pour ce que tu es (ou que tu semble être). En Inde, on me regardait parce que j’étais « blanc » et non pas parce que j’étais habillé comme un « blanc » (ouaahhh, c'est de la bonne !!!).
Loin d’être persuadé que la relation avec les autochtones ait été facilitée par ce dématérialisme (je garde, malgré tout, un souvenir assez négatif des Indiens), cette démarche aura au moins eu pour effet de décourager les voleurs de sac à dos potentiels…
Bref, vous l’aurez compris : voyager avec le minimum sur soi était un défi personnel important à relever. Mettre de côté, pendant 9 mois, un besoin d’avoir et de paraitre qui nous est imposé par notre environnement. Et je peux vous assurer qu’avec peu, il est tout à fait possible de bien vivre ailleurs. Ailleurs ou la nécessité de posséder ne fait pas partie du plan de vie.
Mais alors, me direz-vous, suis-je content d’être rentré ?
Evidemment que je le suis. D’abord parce que je retrouve ma famille. Puis il y aura aussi les retrouvailles avec mes amis dés que possible (parce que pour le moment, je me repose du voyage à Saint Gilles…). Et aussi parce que c’est une nouvelle vie qui commence. J’espère qu’il y aura un véritable après. Je reviens avec de nouvelles envies. De nouveaux objectifs qui trouvent forcément leurs fondements dans cette expérience inoubliable et enrichissante. Et puis, je ne rentre pas seul…
Dans l’immédiat, il va falloir retourner à la dure réalité des choses… Au boulot. Refaire ce que j’ai appris à faire, au moins pour quelques temps.
Pour résumer, j’encourage donc tous ceux qui le peuvent, à partir. Partir pendant plusieurs mois. Si possible dans des pays n’ayant pas les mêmes caractéristiques que la France (en mieux ou en pire, à vous de voir). Vous reviendrez probablement différent. Des différences qui ne seront pas toujours perceptibles par votre entourage, mais que vous, vous ressentirez.
Pour terminer ce post qui sera le dernier avant le prochain voyage, donc à échéance indéterminée, j’ai préparé un bilan des pays que j’ai visités, et notamment un classement subjectif de ces pays.
Inde
Pour : Le dépaysement garanti, les couleurs, le lassi « banane », le Taj Mahal, le coût de la vie pour un occidental (370€ pour 3 semaines et ½ sur place ; hors avion)
Contre : Les regards insistants et gênants des indiens, l’inorganisation, les transports, la situation sanitaire, la difficile vision de la pauvreté (mais ça a également un côté positif…), le bruit
Népal
Pour : Les paysages grandioses, les Népalais
Contre : Kathmandu (bruyant, pollué, trop touristique)
Thaïlande
Pour : La beauté du pays, les Thaïlandais(es), les bienfaits du Boudhisme, les fruits tropicaux, la fête, les îles, les liaisons aériennes de la compagnie airasia (www.airasia.com) partout en Asie, la cuisine
Contre : N’est pas si bon marché que cela
Japon
Pour : L’alliance du modernisme et de la tradition, les Japonais (bien plus agréables que ce que je pensais), les nouilles sobas, pays abordable avec un yen supérieur à 130 pour 1 euro
Contre : Leur politique d’immigration…
Vietnam
Pour : Les soupes dans la rue, l’organisation touristique
Contre : Les voyages au Vietnam en hiver (il fait froid et il pleut dans le nord, où je suis allé…)
Nouvelle Zélande
Pour : Les grands espaces, les néo-zélandais et leur way of life, la quasi absence de la délinquance, les backpackers, les BBQ, la faune et la flore
Contre : La proximité avec l’Australie (du coup, il y a trop d’australiens), le manque de culture (peu de place est laissé à la culture maorie, pourtant pluri-ancestrale dans ce pays…), l’absence de poisson au menu
Argentine
Pour : Salta, la viande, quelques bons vins, le début des Andes
Contre : La xénophobie des Argentins, l’organisation mafieuse du tourisme
Chili (trop peu visité pour avoir un avis global)
Pour : Les Chiliens, le vin, la région de San Pedro de Atacama
Contre : ?
Bolivie
Pour : Le salar d’Uyuni et Sucre, un grand bol d’air dans l’altiplano, les cours d’espagnol à pas cher
Contre : Les Boliviens, la nourriture, les virus informatiques, les transports, les voleurs
Pérou
Pour : Le Machu Pichu, la culture, les Péruviens (notamment les Quechuas), le faible coût de la vie pour les occidentaux, les treks
Contre : L’exploitation touristique marquée, les pistes défoncées vers l’Amazonie
Brésil
Pour : Les Brésiliens, l’ambiance festive, l’optimisme, Buzios, le surf et la plongée, la faune du Pantanal et les blagues (méchantes) sur les Argentins
Contre : Niveau de vie élevé, Sao Paulo (trop grand et trop pollué à mon goût)
Classement final :
1- Thaïlande
2- Nouvelle Zélande
3- Brésil
4- Pérou
5- Japon
6- Népal
7- Chili
8- Bolivie
9- Inde
10- VietNam
11- Argentine
Voili, voilou, c'est fini.
J'espère vous avoir donner du plaisir durant ces neuf mois et envie de voyager différemment (sac au dos, évidemment). De voyager tout simplement.
Cyrille
Maya, dans O Camino das Indias
Briefing avant d´entrer dans l´eau
Ah non, je ne suis pas sur celle-là..
Ca aurait pû être moi...
Pêche traditionnelle au filet, sur la plage de Bombinhas
Buzios... Le St trop´ du Brésil
Toutou, le toucan (exceptionnel d´en voir à l´état sauvage...)
Tuiuiu, le tuiuiu, symbole du Pantanal
Les cow-boys locaux
Caipivara...
Dans le parc Ischigualasto
Idem
Un lama...
